5 questions à Armand Bernardi, l'auteur de Shaïtan

1912. Celui qui contrôlera la Ville sainte de La Mecque mettra la main sur tout le pétrole d'Arabie, en même temps que sur un milliard de musulmans. Shaïtan est chargé d’informations ésotériques inédites sur l’islam. C'est le premier roman initiatique qui plonge le lecteur au cœur du grand pèlerinage de La Mecque. Il anticipe notre actualité sur le terrorisme, et jette un éclairage nouveau sur les guerres au Moyen Orient.


1. Votre roman "Shaïtan", paru chez M+ Editions le 23 avril 2020, a pour thème l'Islam. Avez-vous voulu faire passer un message, réveiller les consciences, ou raconter une histoire comme une autre ?


Armand Bernardi : Je crois qu'un bon roman doit précisément répondre ces trois objectifs en même temps.


SHAÏTAN est d'abord destiné au grand public, avec beaucoup d'actions, d'aventures, d'humour (oriental), de retournements de situations, de dialogues percutants, et un suspens qui tient en haleine jusqu'aux dernières pages. De ce point de vue, mon passé comme scénariste de films et de séries TV m'a servi, surtout après ma récente expérience aux Etats-Unis sur une série longue de 6 x 10 épisodes.


SHAÏTAN est fait pour réveiller les consciences au sujet de l'islam. M'ont inspirés mes souvenirs dans le monde arabe depuis la Syrie jusqu'au Maroc. Ce sujet a été le départ de mon cheminement initiatique vers l'âge de 40 ans. Il m'a porté vers les études initiatiques dans plusieurs civilisations, qui m'ont enseignés en savoirs ésotériques. Comme ces milieux sont bourrés d'hommes de pouvoir, j'ai aussi longtemps étudié les rouages du mal, et je ne comprends d'ailleurs toujours pas d'ailleurs comment je ne suis pas tombé dedans. Si je l'avais fait, je serais richissime aujourd'hui. Et puis, à La Mecque en 1998 (1), j'ai eu une prise de conscience cinglante : plus on chemine vers la vérité, plus les forces du mal sont fortes. Tout le roman SHAÏTAN est fondé sur cette constatation très simple, de même que plus fort est un soleil d'été, plus noires sont les ombres. Depuis cette date, j'ai réalisé plusieurs films documentaires sur des sujets initiatiques. Mais je ne traitais pas de l'islam, car je n'étais pas prêt à affronter la formidable islamophobie qui règne en France parmi les décideurs et les décideuses.

« L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation », écrivait Averroes au 12ème siècle.

Alors oui, SHAÏTAN est fait pour réveiller les consciences au sujet de l'islam. Pour ce faire, l'écriture agit avec "brutalité" pour forcer à une élévation de la pensée. Je pousse à la compréhension de ce que l'on appelle parfois "l'islam des lumières", une analyse pointue de thèmes sur lesquels le public connait peu de choses, ou même rien, musulman ou non. Quand je parle de méthode "brutale", c'est une image provenant des pratiques du chamanisme où on fait passer l'adepte d'un pôle à l'autre pour obtenir, s'il en est capable, un 3ème terme dans lequel il va découvrir "sa" vérité.


SHAÏTAN transmet aussi un message bien sûr. Personne ne sait aujourd'hui ce que sera le monde à venir, même dans les prochaines semaines. On peut constater que la violence et la haine augmentent, dans la rue et le monde virtuel d'internet. « L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation », écrivait Averroes au 12ème siècle. Il parlait d'équation car c'était un scientifique complet, et il s'agit bien d'une "certaine science". Seule une science complète de l'homme et de la Nature permet de comprendre ce qui se passe actuellement. Les jeunes en ont besoin plus que les autres, lesquels en vieillissant ne pensent souvent qu'à défendre leurs acquis. On pense confusément au mal qui se développe sur le monde, au racisme, à l'islamophobie, à la destruction de la nature... Pour trouver des réponses, on verse aisément dans des complotismes de toutes sortes. Moi-même que dois-je penser quand un éditeur connu dont je tairais le nom - pour le moment – me dit: « Nous ne touchons pas à l'islam. Il n'y a pas de public pour ça ». Ah bon ? Ils sont presque 8 millions en France, et ne constituent pas un public ? « Bof… Les musulmans ne lisent pas ! ». Quelle est cette force qui pousse à haïr autant ?


SHAÏTAN traite justement des "forces d'involution" en l'islam, résumées par le mot "Satan", en arabe Shaïtan. Ce n'est pas un thème religieux. D'un côté, la notion de Satan est une stratégie d’évitement permettant de ne pas assumer les problèmes (je suis quelqu'un de bien, si je fais du mal c'est à cause du diable). D'un autre côté, le mal est un vieux thème de l'Humanité. Lorsque de nos jours on remonte aux raisons de notre souffrance, on trouve des politiciens, des conseils d'administrations. Plus au encore, des banquiers de haut vol, une poignée de possédants. Et après ? Qu'y a-t-il derrière ? Personne ? Le hasard ? SHAÏTAN incite le lecteur à chercher la réponse au fond de lui-même. En ce sens, c'est un roman initiatique. En l'occurrence, le message de SHAÏTAN est clair, et il est urgent.


Je m'adresse surtout aux jeunes pour reconstruire ce que les générations passées ont salopé. C'est une urgence absolue.Cette histoire se déroule en 1912, mais elle nous parle ici et maintenant. Dans notre société qui devient de plus en plus violente, le roman leur dit : « Certes les forces du mal sont de plus en plus à l'œuvre, mais n’ayez peur de rien, ni de personne ! Pour affronter un adversaire, il faut parfaitement le connaitre. Et pour le connaitre vraiment, il faut se connaitre soi-même parfaitement, en étant intransigeant avec soi-même. Ce n'est qu'ainsi que vous rebâtirez le monde. Le reste est du blabla. Considérez ce roman sous un angle thérapeutique comme pour remise en forme ».



2. Avant sa sortie aviez-vous peur de la réaction de vos lecteurs ? Ces réactions sont-elles positives ?


La peur est le 2ème terme de l'équation d'Averroes. Elle est amenée par l'ignorance. A 64 ans, je suis moins ignorant que par le passé. Je me suis préparé aux diverses réactions grâce aux ateliers « Slams sous la lune » qui se sont déroulés de 2016 à 2018 dans l’Est parisien. Cette opération consistait à faire écrire à des enfants de 11/14 ans de ghettos musulmans des slams sur des thèmes de l’islam, ceci pour éviter les radicalisations dans une banlieue où plusieurs dizaines de jeunes sont partis en Syrie pour jouer aux terroristes. Ces ateliers ont eu un succès (2), mais j’ai eu contre moi d’une part les islamophobes qui croyaient que je faisais du prosélytisme pro-islam, et d’autre part les intégristes locaux qui voyaient d'un mauvais œil ma venue sur leur territoire.


Lorsque l'on est dans le juste, on a toujours deux ennemis qui finalement n'en font qu'un. Quand vous voyez un jeune musulman insulter et cracher sur Zemmour dans la rue, qui lui-même insulte et crache devant un micro, vous voyez une seule entité : la haine. La haine est la seule chose réelle, c'est elle qu'il faut considérer, Zemmour et l'autre ne sont que des deux apparences de cette entité.


« Ma main est bienveillante, elle baigne dans de l'huile d'olive pour employer une métaphore orientale, mais elle opère dans un gant en acier ».

Concernant la sortie du roman SHAÏTAN, la situation est comparable, mais nous avons tiré parti du confinement pour communiquer vers un public de français(e)s musulman(e)s, puis vers les autres. Côté non-musulmans, tout va bien pour le moment. Pas d'attaque frontale. Au contraire, le roman convainc des lecteurs qui ont parfois l'extrême honnêteté de reconnaître que l'islam leur était antipathique, mais qu'ils sont entrés dans le livre avec bonheur. La Fnac a même eu le courage de faire un article de promotion, en parlant d'un "roman vers l'islam des lumières". Côté français musulman(e)s, il y a une certaine confiance envers moi puisque je suis un des rares réalisateurs à respecter l’islam, cela se sait par la diffusion de mon documentaire "Slams sous la lune" (2). Cette confiance est longue à venir. Les musulman(e)s se méfient souvent des medias, on le serait à moins. La plupart d’entre eux / elles sont assez cultivé(e)s, ou connaissent assez bien leur religion, ou encore ont assez de bienveillance, pour comprendre immédiatement que le roman SHAÏTAN analyse les forces qui nous tirent vers le mal. De plus, beaucoup ont été touchés par le fait que, malgré le confinement, j'ai sorti ce livre le 23 avril, 1er jour de Ramadan, ceci pour une raison symbolique (3).


D'autres musulman(e)s ont été choqué(e)s par ce titre. Certains m'accusent même de mettre en valeur Satan. Simplement en voyant la couverture ! Je leur réponds par des textes de l'islam : « Ce n’est pas Satan qu’il faut craindre, c’est Allah ! ». J'ajoute des versets coraniques : « Tout bien qui t’atteint viens de Dieu. Tout mal qui t’atteint vient de toi-même » (sourate 4, v. 79). Rien n'y fait, l'ignorance l'emporte. On peut en sourire, j'en ris d'ailleurs ; tout de suite après, j'en suis triste ; et pour finir, je frappe. Je frappe car cette attitude est grave, elle montre à quel point notre société est devenue ignorante.


Aujourd'hui, dans les collèges, quantité d'enfants (de familles musulmanes ou non) utilisent ce mot "Shaïtan" comme une insulte définitive. Notre société est faible devant cet islam qu'elle n'a jamais voulu comprendre. Elle n'est pas prête à affronter une considérable ignorance qui profite aux influenceurs d’un islam dévoyé, qui assujettissent psychologiquement des centaines de milliers de gens, pour asseoir leur pouvoir. Cela se fait de façon souterraine, sous nos yeux. Sur internet, existent des tas de gens fédérés par groupes qui se comptent par paquets de 10000/15000 personnes. Ils ont "des idées dans la tête", ils font mine de vivre dans la société, mais "n'en pensent pas moins". Les agences de renseignements le savent, enregistrent à tout va, sans qu'aucune synthèse ne soit faite. Face à cela, les médias flattent une islamophobie qui multiplie les problèmes.


A force de nier cette réalité, nous allons vers un avenir dramatique. Le roman SHAÏTAN se déroule au début du XXème siècle, mais tout cela est en off, en back-ground. Je démonte autant les islamophobes que les intégristes de l'islam. Ma main est bienveillante, elle baigne dans de l'huile d'olive pour employer une métaphore orientale, mais elle opère dans un gant en acier.



3. Avez-vous un rituel d'écriture ?


Le mot "rituel" est bien choisi, à condition de revenir aux fondamentaux de ce qu'est un « rituel ». Question importante à une époque où les jeunes recherchent avec avidité "des rituels" de toutes sortes. Ce mot, avec celui de "initiation", est très demandé sur les moteurs de recherches. Car il y a chez les jeunes une forte demande de "quelque chose" qui serait magique, enchanteur, transcendant. Rien de plus normal. Dans une société qui provoque de la souffrance, l'esprit humain cherche à s'échapper dans l'invisible.


Seulement cette quête est très anarchique, elle va du plus simple (ce qui concerne le bien-être) à la recherche de rites dits "sataniques". Les adultes ne comprennent rien à cette demande profonde, ils n'en ont la plupart du temps aucune connaissance, ils s'en moquent, ils se complaisent dans une société de consommation qui les satisfait et qu'ils défendent bec et ongle. Mon documentaire « L’Ayahuasca, le serpent et moi » (4) parle de cela : les drogues sont des tentatives d’auto-initiations déviées.


« En un mot, lorsque mon texte fait disparaître le monde extérieur, j'ai atteint mon maximum ».

Je reviens à l’idée d’un « rituel d’écriture ». Je n’en ai pas au sens où on emploie ce mot de nos jours. Pas de chaise spéciale, d’ordinateur particulier, de bougies, de musiques, de pantalon large, de chemise à fleurs, d'objets fétiches tels qu'une image d'ange ou de versets du Coran, ou un taille-crayon électrique… Mais j’ai un véritable rituel qui m'habite entièrement, il agit comme une puissante réelle, et il se prolonge dans l'esprit du lecteur car il nous est commun. Ce rituel est choisi en fonction du sujet du livre. Il provient d’une "science" ancienne connue sous le nom de « Kabbale ». On a entendue parler de la Kabbale juive, mais elle existe dans toutes les civilisations. Sous des formes apparemment très différentes, cette science est toujours la même car elle repose sur des nombres et des rythmes.


La Kabbale fait parfois peur, on la confond parfois avec de la sorcellerie, on croit qu’elle manipule. En un sens, c’est un peu vrai. C'est nous, humains, qui en faisons une œuvre de destruction ou de construction.


En matière de Kabbale, la notion de Dieu est inconnue, simplement parce qu’Il est considéré d’emblée comme inconnaissable, donc inutile de chercher à vouloir le comprendre. Par contre, on travaille avec "la femme de Dieu", disent les sages du Vaudou. J'utilise volontairement ce langage africain car il est concret, plein d'humour, et dégage toute forme d'intégrisme. Par "femme de Dieu", on entend simplement l’aspect sensible du Créateur, c’est-à-dire la Nature et ses lois. Un symbole authentique repose sur ces lois de la Nature. Alors le féminin du Créateur ne nous écoute pas lorsque nous prononçons des mots. "Elle" entend peut-être quelque chose d’indéfinissable que nous avons au fond du cœur, mais "elle" nous écoute à coup sûr lorsqu’elle reconnait que la forme – le rituel et son symbole directeur - que nous utilisons est préparée pour l'accueillir. Les Kabbalistes juifs disaient à propos du Temple de Salomon : « Dieu s'y trouva bien, et Il est venu ». Tout cela pour dire que l'acte de création, d'écriture, doit ressembler le plus possible à celui du Créateur.


Ma méthode de travail est donc celle du "symbolisme". En lisant Mircea Eliade, Platon, René Guénon, ou certains textes religieux, ou ceux des confréries du Compagnonnage, on apprend qu’un rituel est basé sur un symbole. Ce symbole comporte une géométrie constructive. C'est cela dont je parle. Cette méthode, je vais l'enseigner à partir de septembre, de façon officielle puisqu'elle sera cataloguée officiellement "France Compétence".


Avoir obtenu cette certification, c'est un peu comme si on avait fait entrer un mammouth (la Kabbale) dans un tube en verre (les rouages administratifs). On connaissait cette méthode jusqu'à Léonard de Vinci. Elle fut appliquée à l'architecture et la peinture, et elle a donné lieu à la Renaissance italienne, puis française. Elle est enseignée par bribes aux USA chez Pixar par exemple, grâce à des conférences données à l'University Corporate intégrée. Y assistent tous les employés qui le désirent, du balayeur jusqu'aux scénaristes. Cela explique la qualité de leurs productions. Et il n'y a pas qu'eux. En effet, aux USA où j'ai vendu une série TV (sur les Amazones du Dahomey), la création n'a rien à voir avec la nôtre. Lorsqu'ils vous achètent une idée, ils exploitent tout ce que vous avez dans le crâne, ils en veulent pour leur argent. En France, c'est l'inverse. Si vous apportez un sujet original, celui-ci sera manipulé, modifié, adapté, par des décideurs sans talent créateur, jusqu'à leur ressembler à eux.

Sinon, pour finir de parler de « rituel d'écriture », je suis comme les scénaristes italiens des années 60, j'ai besoin d'une effervescence de vie autour de moi. Lorsqu'il y a un foutoir en dehors de mon esprit, ce que je perçois, ce que j'entends, c'est l'univers qui me parle, et il me guide continûment. Pire encore, pour corriger la version finale de mes textes, je vais dans des bars, des gares, des trains, des avions. Plus l'attention des sens est sollicitée, mieux c'est. Il faut que la fluidité de mon écriture soit plus forte que les distractions. En un mot, lorsque mon texte fait disparaître le monde extérieur, j'ai atteint mon maximum.


4. Vous venez d'enregistrer la version audio du livre, en studio, avec deux comédiens. Comment cela s'est-il passé ?


Les demandes en audiolivres ont grimpé ces derniers temps. On m'a conseillé d'en faire un pour SHAÏTAN. Au début, je ne voulais pas. J’en ai écouté plusieurs, et j’ai trouvé beaucoup de mauvais, de très mauvais même. Soit c'est surjoué, soit c'est monocorde. Je trouvais que l'on s'ennuie sérieusement. Mais il se trouve que ma propre mère ne peut pas lire un livre écrit en français (ma famille est italienne).


Ensuite, un petit événement m'a fait changer d'avis de façon radicale. Il s'est passé lors d'une séance-dédicace du roman à Bonneuil-sur-Marne en banlieue est de Paris. Se trouvaient là des familles musulmanes dont les enfants avaient suivis les ateliers Slams sous la lune. Je vois des mères arabes, voilées, pas voilées, acheter le livre. Plusieurs ne savent pas lire le français. Alors je vais vers l'une d'elle, et je lui dis « Fatima, pourquoi vous achetez le livre puisque vous ne savez pas lire ? ». Elle me répond : « Je vais le mettre dans mon salon. Quand mes enfants viennent, je leur demanderai de me lire des morceaux ».


« C'est au contact des gens très populaires que je suis le meilleur ».

Un livre que l'on achète pour ne pas le lire, ça m'a éclaté ! Finalement, l'odeur d'un livre, son aura, la rumeur qui tourne autour, sont plus importantes que le livre lui-même. Cette pensée a flatté mon ego. Et puis, tout à coup, je lui ai demandé ce qu'elle penserait d'un audiolivre quand ses enfants ne seraient pas là. Elle a sauté de joie. Ma mère aussi a trouvé l'idée bonne. Voilà ! L'audiolivre SHAÏTAN sera pour tous ces gens "issus de l'immigration" qui lisent mal le français, mais l'entendent parfaitement. C'est au contact des gens très populaires que je suis le meilleur.


Moi qui viens du cinéma, je ne peux que faire une sorte de film audio. 20 jours d’enregistrement non-stop (nous avons dépassé les 15 jours prévus). Avec deux voix : le comédien Bruno Esposito, et la journaliste et thérapeute Hinda Djeridi. Bruno fait tous les parties d’extériorisation du roman, en jouant sur 7 tonalités différentes, et Hinda les moments plutôt d’introspections, avec 3 tonalités. A eux deux, ils sont un peu "le papa et la maman" de ce livre. L'auditeur / l'auditrice sera encadré de façon très alchimique par une force "mâle" qui le tient en haleine, et une force "féminine" qui l'apaise tout en l'incitant à rechercher "sa" vérité au fond de son cœur.


Un texte dit de manière parfaite peut prendre aux tripes, j'ai testé cela. Il y a eu dans ce studio d'enregistrement une réelle magie durant ces 20 jours. Avec aussi tant d'éclats de rire, quand Bruno vit l'action à fond, ou ses apartés quand sa langue accroche, que j'ai dû lui tourner le dos pour pouvoir travailler.


Comme je produis cet audiolivre, je me posais des questions d'accompagnement musical. Quelle musique choisir, sachant que l'on doit toujours payer quelque chose pour toute musique, même celles que l'on croit gratuites. Je ne trouvais pas de musique pas chère et de qualité. Jusqu'au jour où j'ai retrouvé par le plus grand des hasards Gilbert Artman, compositeur et fondateur du groupe internationalement connu Urban Sax. J'ai travaillé avec lui il y a très longtemps, je l'avais perdu de vue, et il me contacte sur Facebook car il avait lu le livre. Bingo ! L'audiolivre SHAÏTAN bénéficiera donc de sa musique. Ce sera une vision musicale du désert, de l'Arabie, et de l'islam, très originale. De quoi envoyer aux antiquités la musique du film Lawrence d'Arabie.


5. Votre prochain roman fera découvrir une facette inédite de Léonard de Vinci. Pouvez-vous nous en dire plus ?


"IMPETUS - IO, LEONARDO DA VINCI" sortira en janvier 2021. Il transporte le lecteur dans la peau de Leonardo da Vinci, pour un road-movie de quatre mois à pied et à dos de mulet, au milieu de la barbarie des guerres d'Italie. On y rencontre des célébrités comme Dürer, des criminels comme César Borgia. On éprouve les émotions d'un génie qui passe du cru au subtil.


Leonardo da Vinci se rend en France, où François Ier l'attend pour mettre en place la Renaissance française. Da Vinci a 64 ans. Il fuit Rome de nuit car le pape, un Medici vicieux, ne veut pas le lâcher. Les Medici ont créé Leonardo da Vinci, et le considèrent comme leur chose. Le voyage est très long jusqu'à la France. Mille kilomètres, avec à ses trousses les mercenaires suisses de la papauté, qui étaient à l'époque les meilleurs d’Europe, et qui sont commandés par un fou irrationnel. Raisonnablement, à son âge, Leonardo da Vinci n’a aucune chance d’arriver à destination.


Ses ruses, ses relations, ses inventions, ses talents d’illusionniste, sa connaissance de la nature humaine, ne suffiront pas. Son seul moyen pour leur échapper est découvrir le secret de l’impetus. C'est ainsi que l'on appelait à l'époque la force d'attraction et de gravitation en physique.


J'immerge donc les lecteurs dans le cerveau de Leonardo da Vinci. Le roman amène à réapprendre à penser selon les lois de la Nature. C’est un sujet très contemporain, car il est question de guerre, de nourriture, de respect de la nature, de la femme, etc… Comment réfléchit un penseur attentif aux règles de la Nature ? Y a-t-il une "manière juste de penser" ? Oui. Et il serait temps pour nous, aujourd'hui, d'en prendre conscience. Pour ce faire, le roman fait plonger dans 200 notes peu connues de Leonardo da Vinci, remplies de sagesse et prémonitoires, choisies parmi ses 30 000 feuillets que se sont arrachés le monde entier.


Des universitaires reconnus, des "professionnels" de la Renaissance diront certainement que je suis bien "prétentieux" de plonger dans le cerveau du Maître. Mais le roman projette également le lecteur au cœur de la Kabbale, avec Machiavel, de la Mirandole, et Élie Lévita, principal passeur de cette science hébraïque en Europe. Tous, avec da Vinci, appartenaient à la confrérie des Fidèles d'Amour, créée par Dante deux siècles auparavant à la suite des Templiers. Il ne reste pas grand chose de cette confrérie, mais leurs pensées se développaient de la même manière, selon des règles géométriques. Je ne fais pas autre chose, et je montre à quel point c'est simple. Il suffit de s'observer soi-même, sans imaginaire inconsistant, de façon pointue, et avec ténacité.


1. Je suis considéré comme "musulman", mais inutile de me ranger dans cette catégorie. L'islam, dernière religion historique, récapitule les autres. Il est donc normal que je la connaisse dans ma chair.

2. Mon film documentaire « Slams sous la lune » (Chaîne TV Public Sénat) raconte ces 3 années. Film : https://youtu.be/kXuKDmE-kXo Débat sur Public Sénat : https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-en-docs/l-islam-vu-par-les-enfants-regards-naifs-ou-lucides-146512

3. L'un des 7 teaser du roman : https://www.youtube.com/watch?v=NwlJ5p7hfqs

4. Mon film documentaire sur le chamanisme en Amazonie : « L’Ayahuasca, le serpent et moi », en 4 langues, ici en VF : https://www.youtube.com/watch?v=Tc_IVSyC1PU



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